FAYAZ

Notre nouveau « focus pilote » de la semaine porte sur Mohamed Fayaz.
Contrairement au profil « classique » d’un pilote, Fayaz a eu un parcours pour le moins atypique. En effet beaucoup l’aurons connu lors des championnats comme staff d’assistance technique, car oui avant d’être pilote, Fayaz est avant tout un mécanicien hors pair spécialisé en moto et SSV.
 
Vous l’aurez compris, Il n’a pris part aux compétitions qu’assez récemment, point qu’il affirmera en précisant : « j’ai démarré la compétition tardivement car je n’avais, à l’époque, pas encore les moyens matériels pour y participer et trouver un sponsor est souvent très compliqué ».
Cela ne l’a cependant pas empêché de réaliser son rêve car s’il y a une chose à retenir de lui, c’est qu’il est un grand passionné. Il avouera d’ailleurs : « J’ai appris très jeune à piloter une moto et depuis cette époque je baigne dans ce monde « non-stop » et cette passion ne m’a plus jamais quitté, j’en veux pour preuve d’en avoir fait mon métier en devenant mécanicien».
 
Il vivait déjà donc de sa passion des motos, mais son parcours basculera totalement quand il participera à l’assistance de la team CT Motors en préparant et réparant les motos des pilotes pour les courses. Une question vous vient surement à l’esprit en ce moment : comment est-il arrivé à se décider à passer le cap ? De passer de mécano à pilote officiel ? On lui a justement posé la question et la réponse pourra paraitre folle mais elle n’en est pas moins toute à son image. Jugez par vous-même : « Durant les compétitions, après les courses, j’ai eu l’occasion d’essayer des motos sur le circuit, j’ai alors ressentis une grande sensation d’excitation et je me suis juste dis « pourquoi pas »…et voilà où j’en suis aujourd’hui ».
 
L’histoire aurait pu s’arrêter là, celle d’un mécanicien réalisant son rêve en devenant pilote, elle aurait déjà été admirable. Mais Fayaz ira encore plus loin car pour la saison 2019, il finira Champion de la catégorie 2 en « Enduro » et deuxième en « Cross » de la même catégorie. Un exploit qui force l’admiration et le respect.
D’ailleurs de son aveu, l’un des moments les plus marquant de sa carrière porte justement sur cette saison 2019, durant une course d’endurance et au guidon de sa KXF 250, qui était extrêmement éprouvante et serrée mais qui, au bout du compte, et grâce à ses efforts et sa persévérance verra Fayaz finir premier. Il précisera que « A l’arrivé ce fut une émotion incroyable et inoubliable ».
 
Etre passionné est une chose, mais trouver la motivation nécessaire pour aller au bout en est une autre. Beaucoup auront surement tenté de changer de voie pour la « passion », mais qu’est ce qui justement le permet de maintenir cette envie et cette passion ? Une question à laquelle Fayaz répondra : « En tant que pilote, ce qui me marque et me motive le plus en championnat, c’est la montée d’adrénaline dans les moments forts mais aussi cette sensation d’épanouissement, cette sensation de « zenitude », quand tu ne penses à rien d’autre sur ta moto à part rouler et performer. Et en tant que mécano, ce qui m’impressionne c’est l’avancée technologique des motos qui évoluent d’année en année ».
 
Il s’avère que Fayaz est également un grand compétiteur dans l’âme, mais cette énergie est également motivée par une figure réelle, qui fait fortement écho à son propre parcours : Stephan Marchal, grand pilote du championnat 24H du Mans, champion de sidecar cross et également mécanicien de carrière.
Le sport professionnel réserve cependant son lot de surprise. En tant que mécanicien, Fayaz le sait peut-être aussi bien que les autres, mais le vivre réellement est une toute autre expérience et malheureusement, dans ce sport, personne ne peut y échapper. Il a effectivement eu l’occasion de l’expérimenter durant une course de cross à Imeritsiatosika, et quand il nous raconte : « Au départ j’ai fait le « Hole shoot » ce qui m’a permis de directement prendre la tête, mais malheureusement, plus loin dans une série de « Hoops », le second m’accroche ce qui entraine une grosse chute. J’étais un peu sonné mais heureusement il y eu plus de peur que de mal ». Les chutes ne sont donc pas à prendre à la légère dans ce sport, et bien conscient de cela, Fayaz préconise pour les débutants et/ou les amateurs de : « s’équiper complètement surtout en motocross car on est jamais à l’abri d’un accident et également de rouler avec des pilotes expérimentés qui sont plus aptes à donner les meilleurs conseils ».
 
La saison 2020 aura surtout été marquée par la crise sanitaire mondiale, gâchant par la même occasion une grande partie du championnat. La saison 2021 n’est pas à l’abri des effets de cette crise qui n’est malheureusement pas encore prête de se finir, c’est pour cette raison que durant cette saison, Fayaz a pour principal objectif de prendre le maximum de plaisir et faire de son mieux. Cette année, il roulera toujours sur sa Kawasaki KXF 250 car il affirme être totalement satisfait par la marque et surtout parce qu’il n’a jamais eu de gros souci avec sa moto ni de grosse casse.